Documentation
Comment sont construits les graphiques de DataV, ce qu'ils permettent de voir et leurs limites
Chaque graphique de DataV répond à une question. Cette page explique, pour chacun, ce qu'il montre, pourquoi nous avons choisi ce type de graphique, ce qu'il permet de voir et surtout ses limites : un graphique simplifie toujours la réalité, et il est utile de savoir comment. Les pages sont documentées progressivement, en commençant par les votes parlementaires.
Notions communes
Quelques notions reviennent dans plusieurs graphiques des votes parlementaires.
Scrutin public
Un vote de l'Assemblée nationale où le choix de chaque député est enregistré nominativement. Les votes à main levée ne sont pas enregistrés et n'apparaissent donc pas dans DataV. Les données viennent de l'open data de l'Assemblée, de 2012 à aujourd'hui.
Position du groupe
Pour chaque scrutin, l'Assemblée publie la position de chaque groupe : pour, contre ou abstention. C'est la position majoritaire de ses membres, pas une consigne de vote formelle. Dans un groupe partagé, une large minorité vote donc autrement que « son groupe ».
Amendements
La grande majorité des scrutins (de 71 % à 85 % selon la législature) portent sur des amendements, c'est-à-dire des propositions de modification d'un texte, qui peuvent venir de n'importe quel groupe. Voter « pour » un amendement, c'est soutenir cette modification précise : le sens du vote dépend donc de qui l'a déposé.
Secteurs
Chaque scrutin est rattaché à un ou plusieurs secteurs de politique publique (économie, santé, intérieur…). Ce classement est fait à la main par l'équipe : c'est un choix d'interprétation, et un texte peut relever de plusieurs domaines.
Projet ou proposition de loi
Un projet de loi est un texte déposé par le gouvernement ; une proposition de loi, un texte déposé par des députés. Un texte adopté grâce à l'article 49.3 n'est pas voté : il n'a donc pas de vote final dans les données.
Législature
La période entre deux élections législatives. Les législatures n'ont pas toutes la même durée (la XVIe a duré deux ans, la XVIIe est en cours) ni le même nombre de scrutins, ce qui rend les comparaisons délicates.
Votes parlementaires
La page Votes parlementaires est organisée comme un zoom : on part de ce qui a été voté, on passe aux groupes, on finit sur les députés.
Onglet Scrutins · ce qui a été voté
Activité par secteur
Sur quels domaines l'Assemblée a-t-elle voté pendant une législature ?
Ce que montre le graphique
Le nombre de scrutins dans chaque secteur, pour la législature choisie. Un scrutin rattaché à plusieurs secteurs est compté dans chacun, ce qui reste rare.
Pourquoi des barres horizontales
Pour comparer des quantités entre catégories, la longueur d'une barre est ce que l'œil lit le plus facilement. À l'horizontale, les noms longs des secteurs restent lisibles.
Ce qu'on y voit
Les domaines qui concentrent les votes (l'économie et le budget presque toujours) et, en changeant de législature, ceux qui connaissent des pics liés au contexte.
Limites
- On compte des scrutins, pas des lois : un budget discuté avec des milliers d'amendements pèse beaucoup plus qu'une loi courte votée en une fois. Le graphique mesure l'intensité des débats plus que l'agenda.
- Les législatures n'ont ni la même durée ni le même nombre de scrutins : comparez les proportions plutôt que les valeurs.
Scrutins les plus clivants
Quels votes ont le plus divisé les groupes, et quand ?
Ce que montre le graphique
Chaque point est un scrutin, placé à sa date. Plus il est haut, plus les groupes se sont partagés entre « pour » et « contre » : en bas, tous les groupes ont voté dans le même sens ; tout en haut, il y avait autant de groupes pour que contre. La couleur, du bleu au rouge, reprend la même information.
Pourquoi un nuage de points dans le temps
Une législature compte des milliers de scrutins. Un point pour chacun permet de tous les montrer : les pics de conflit ressortent d'eux-mêmes, et le survol donne le détail de chaque vote.
Ce qu'on y voit
Les grands moments de fracture (réformes des retraites, de l'immigration, budgets de fin d'année) et, en bas, le grand nombre de votes consensuels.
Limites
- Chaque groupe compte autant, quelle que soit sa taille : on mesure le clivage entre forces politiques, pas l'écart de voix.
- Les abstentions ne sont pas prises en compte dans le niveau de clivage.
- Les motions de censure ne sont pas affichées : seuls les votes « pour » y sont enregistrés (les opposants ne votent pas), leur clivage ne peut donc pas être mesuré de la même façon.
Onglet Groupes · comment se positionnent-ils ?
Soutien au gouvernement
Quels groupes soutiennent les textes du gouvernement, lesquels s'y opposent ?
Ce que montre le graphique
Pour chaque groupe, la part de « pour », d'abstentions et de « contre » sur les votes finaux des projets de loi, c'est-à-dire des textes du gouvernement. Les groupes sont rangés du plus favorable au plus opposé.
Pourquoi des barres empilées à 100 %
Chaque groupe est un tout que l'on découpe en trois parts. En pourcentage, un petit groupe se compare directement à un grand. Le tri fait apparaître la frontière entre majorité et opposition.
Ce qu'on y voit
Qui forme la majorité, qui s'oppose, et les groupes « pivots » qui s'abstiennent souvent.
Limites
- Peu de votes par législature (quelques dizaines à quelques centaines).
- Les textes adoptés par 49.3 n'ont pas de vote final et n'apparaissent pas, comme plusieurs budgets depuis 2022.
- Un même texte peut être voté à plusieurs lectures : on compte des votes, pas des textes.
- Quand plusieurs gouvernements se succèdent dans une législature, leurs soutiens sont mélangés.
Position des groupes par secteur
Dans quels domaines chaque groupe soutient-il ou rejette-t-il les textes ?
Ce que montre le graphique
Une case par groupe et par secteur : la part des votes où le groupe a voté « pour », et le nombre de votes pris en compte. Par défaut, seuls les votes finaux sur les textes du gouvernement sont retenus ; un bouton permet d'afficher tous les scrutins, amendements compris.
Pourquoi une carte de chaleur
Le graphique croise une dizaine de groupes et une quinzaine de secteurs : près de 200 valeurs, qu'une grille colorée permet de lire sur un seul écran. Rouge = le groupe vote contre, bleu = il vote pour, blanc = autant de l'un que de l'autre.
Ce qu'on y voit
La majorité soutient presque tous les textes du gouvernement. Les oppositions, elles, peuvent soutenir les textes dans un domaine (sécurité, par exemple) et les rejeter dans un autre (économie).
Limites
- Avec les textes du gouvernement, beaucoup de cases reposent sur très peu de votes, surtout pour les législatures récentes. Les cases de moins de 5 votes sont estompées.
- Avec tous les scrutins, le sens du « pour » varie : un faible taux traduit souvent le rejet des amendements des autres groupes, pas une opposition au domaine.
- Les limites du graphique « Soutien au gouvernement » s'appliquent aussi (49.3, lectures multiples).
Proximité de vote entre groupes
Quels groupes votent ensemble ?
Ce que montre le graphique
Chaque cercle est un groupe (sa taille dépend du nombre de députés). Un trait relie deux groupes qui ont souvent eu la même position ; plus il est épais, plus ils votent ensemble. Seuls les liens au-dessus de 30 % d'accord sont tracés.
Pourquoi un réseau
L'information est une relation entre chaque paire de groupes. Dans ce réseau, les groupes qui votent souvent ensemble s'attirent : les blocs apparaissent d'eux-mêmes, sans qu'on décide à l'avance où placer chacun.
Ce qu'on y voit
Un arc de la gauche à la droite, un bloc central soudé, et des extrêmes qui votent rarement ensemble.
Limites
- La position des cercles est approximative : il ne faut pas mesurer les distances, le panneau « Comparer 2 groupes » donne les chiffres exacts.
- Voter ensemble n'est pas être allié : deux groupes opposés peuvent voter « contre » ensemble pour des raisons inverses.
- Tous les scrutins sont pris en compte, amendements compris.
Comparer 2 groupes en détail
Jusqu'à quel point deux groupes précis votent-ils ensemble, et sur quoi ?
Ce que montre le panneau
Le pourcentage de scrutins où les deux groupes choisis ont eu la même position, puis le détail selon le type de texte (textes du gouvernement, textes des députés, autres votes) et selon qu'ils étaient d'accord pour voter « pour » ou « contre ».
Pourquoi des chiffres
Le réseau donne la vue d'ensemble ; ce panneau donne la précision. Quand un chiffre suffit, inutile de dessiner un graphique.
Ce qu'on y voit
D'où vient la proximité entre deux groupes : un soutien commun aux textes, ou une opposition commune.
Limites
- Le type de texte est déduit de l'intitulé du scrutin ; les amendements sont rangés avec le texte qu'ils modifient.
- On ne sait pas quel groupe a déposé une proposition de loi.
Onglet Députés · qui vote comme son groupe ?
Rébellions parlementaires
Quels députés s'écartent le plus souvent de la position de leur groupe ?
Ce que montre le graphique
Les 30 députés qui ont le plus souvent voté autrement que leur groupe, en nombre ou en pourcentage de leurs votes. Seuls les vrais votes (pour, contre, abstention) comptent, et il faut en avoir au moins 10. Les non-inscrits, qui n'ont pas de groupe, sont exclus.
Pourquoi un classement en barres
C'est un classement de personnes : les noms doivent être lisibles et l'ordre immédiat. Le choix entre nombre et pourcentage évite de favoriser les députés les plus présents.
Ce qu'on y voit
Les députés les plus indépendants de leur groupe et, avec le filtre, les rebelles au sein d'un même parti.
Limites
- « Rebelle » veut dire « a voté autrement que la majorité de son groupe », pas « a désobéi à une consigne ».
- En pourcentage, les députés qui ont peu voté peuvent monter très haut avec quelques votes.
Cohésion des députés
Les groupes votent-ils d'un seul bloc, ou leurs députés sont-ils dispersés ?
Ce que montre le graphique
Un point par député, rangé dans la colonne de son groupe. Plus il est haut, plus le député vote souvent autrement que son groupe. Le calcul est le même que pour les rébellions. La position d'un point à l'intérieur de sa colonne est aléatoire : elle sert seulement à éviter que les points se superposent.
Pourquoi un nuage de points
Pour montrer tous les députés plutôt qu'une moyenne par groupe : deux groupes peuvent avoir la même moyenne, l'un très soudé, l'autre très partagé.
Ce qu'on y voit
Les groupes très disciplinés, dont les points sont tassés en bas, les groupes plus divers, et les députés atypiques.
Limites
- Comme pour les rébellions, la position du groupe est celle de sa majorité, pas une consigne.
- Quand un groupe change de nom en cours de législature (UMP puis Les Républicains en 2015), il apparaît dans deux colonnes, chacune couvrant une partie de la période.
Journal des changements
Les corrections de méthode qui changent les chiffres affichés. Si vous avez cité un chiffre de DataV avant une de ces dates, il a pu évoluer.
| Date | Graphique | Changement |
|---|---|---|
| Octobre 2026 | Votes · Scrutins les plus clivants | Les motions de censure ne sont plus affichées. Comme seuls les votes « pour » y sont enregistrés, elles apparaissaient à tort parmi les votes les plus consensuels. |
| Octobre 2026 | Votes · Position des groupes par secteur | Par défaut, seuls les votes finaux sur les textes du gouvernement sont pris en compte. L'ancienne vue, avec tous les scrutins, reste disponible. |
| Octobre 2026 | Votes · Cohésion des députés | Même calcul que pour les rébellions : les députés qui ne prennent pas part au vote (par exemple parce qu'ils président la séance) ne sont plus comptés comme en désaccord avec leur groupe. L'axe vertical s'adapte désormais aux données, pour qu'aucun député ne sorte du graphique. |