Votes parlementaires
Analyse des scrutins et comportements de vote à l'Assemblée nationale depuis 2012
Activité par secteur
À retenir : L'agenda législatif varie selon les majorités. L'économie et le travail traversent toutes les législatures, tandis que certains secteurs (environnement, défense) connaissent des pics liés au contexte politique ou international.
Comment lire ce graphique
- Chaque barre représente le nombre de scrutins dans un secteur pour une législature
- Un scrutin portant sur plusieurs secteurs est comptabilisé dans chacun
- Survolez une barre pour voir le détail
Exemple : La XVIe législature (2022–2024) concentre davantage de scrutins sur le travail et l'énergie que les précédentes, reflétant les crises successives de cette période.
Scrutins les plus clivants
À retenir : Les réformes structurelles (retraites, immigration) génèrent les scrutins les plus clivants, avec une majorité d'un côté et une opposition frontale de l'autre. Les votes budgétaires de fin d'année révèlent aussi des fractures persistantes entre groupes.
Comment lire ce graphique
- Chaque point représente un scrutin (vote au parlement)
- Plus le point est haut, plus les groupes étaient divisés
- La couleur va du bleu (consensus) au rouge (clivant)
- Survolez un point pour voir le titre et comment chaque groupe a voté
- Molette pour zoomer sur une période
- Les motions de censure ne sont pas affichées : seuls les votes « pour » y sont recensés (les députés opposés ne votent pas), leur niveau de clivage ne peut donc pas être mesuré de la même façon
Exemple : Le vote sur la réforme des retraites (mars 2023) est l'un des scrutins les plus clivants de la XVIème législature, avec la gauche et le RN contre, et la majorité présidentielle pour.
Soutien au gouvernement
À retenir : Le taux de soutien aux projets de loi gouvernementaux révèle clairement la structure de la majorité et de l'opposition. Les groupes de la coalition votent pour dans plus de 70% des cas, tandis que les groupes d'opposition votent contre dans la grande majorité des scrutins, chacun selon ses propres motivations politiques.
Comment lire ce graphique
- Seuls les scrutins portant sur un projet de loi (texte d'initiative gouvernementale) sont pris en compte
- La position retenue est celle officielle du groupe (gp_position), pas le vote individuel de chaque député
- Triés du groupe le plus favorable au plus opposé
- Survolez une barre pour voir le détail et le nombre de projets de loi concernés
Distinction importante : un "projet de loi" émane du gouvernement ; une "proposition de loi" émane d'un député ou d'un groupe parlementaire.
Position des groupes par secteur
À retenir : Les groupes de la majorité votent pour la quasi-totalité des textes du gouvernement, quel que soit le secteur. C'est du côté des oppositions que le graphique est instructif : un même groupe peut soutenir les textes du gouvernement dans un domaine (sécurité, intérieur) et les rejeter dans un autre (économie, budget).
Comment lire ce graphique
- Chaque cellule = % de scrutins dans ce secteur où le groupe a voté "pour" (position officielle du groupe), et nombre de scrutins pris en compte (n)
- Projets de loi du gouvernement (par défaut) : seuls les votes sur l'ensemble d'un projet de loi sont retenus — "pour" signifie toujours "soutient le texte du gouvernement"
- Tous les scrutins : amendements compris (environ 85 % des scrutins). Voter "pour" un amendement dépend de qui l'a déposé : un faible taux traduit souvent le rejet des amendements d'autres groupes, pas une opposition au secteur
- Un texte adopté par 49.3 n'a pas de vote final et n'apparaît donc pas dans la vue "Projets de loi" (c'est le cas de plusieurs budgets depuis 2022)
- Un même texte peut être voté à plusieurs lectures : on compte des votes, pas des textes
- Bleu foncé (proche de 100%) : le groupe vote quasi-systématiquement pour ; rouge foncé (proche de 0%) : quasi-systématiquement contre
- Cellule estompée : moins de 5 scrutins — pourcentage peu fiable statistiquement. En vue "Projets de loi", c'est le cas de nombreuses cellules pour les XVIe et XVIIe législatures, qui comptent peu de votes finaux
- Survolez une cellule pour le détail pour / contre / abstention
Exemple : Pendant la XVIe législature, le RN a voté pour 16 % des projets de loi en économie et budget, mais pour 78 % de ceux portant sur l'intérieur et la sécurité.
Proximité de vote entre groupes
À retenir : La topographie du vote parlementaire dessine clairement un arc gauche-droite. RE et ses alliés (HOR, DEM) forment un bloc cohérent au centre. Les groupes aux extrémités de l'échiquier votent rarement ensemble et s'accordent encore moins sur le fond — leurs oppositions à la majorité procèdent de logiques politiques très différentes.
Comment lire ce graphique
- Les groupes qui votent souvent pareil sont attirés l'un vers l'autre
- L'épaisseur du lien représente le % de scrutins où les deux groupes ont voté de la même façon
- Tous les scrutins publics sont pris en compte, amendements compris (environ 85 % des scrutins), et pas seulement les votes sur l'ensemble d'un texte
- La taille du cercle représente le nombre de députés dans le groupe
- Seuls les liens avec plus de 30% d'accord sont affichés
- Vous pouvez déplacer les noeuds et zoomer
Exemple : Pendant la XVIème législature, RE et HOR votent dans le même sens dans plus de 75% des scrutins. À l'inverse, RN et LFI-NUPES s'accordent dans moins de 20% des cas.
Comparer 2 groupes en détail
Rébellions parlementaires
À retenir : La rébellion parlementaire reste rare dans les groupes très disciplinés (RN, LFI). Elle est plus fréquente dans les groupes de centre et de droite, où les divergences personnelles sur certains textes sont mieux tolérées.
Comment lire ce graphique
- Un vote est "rebelle" quand le député vote autrement que la position de son groupe, c'est-à-dire la position majoritaire de ses membres telle que publiée par l'Assemblée (ce n'est pas une consigne de vote formelle)
- Seuls les votes actifs (pour/contre/abstention) sont pris en compte des deux côtés
- Seuls les députés ayant émis au moins 10 votes actifs sont inclus
- Les non-inscrits ne sont pas inclus : ils n'appartiennent à aucun groupe et ne suivent donc aucune ligne commune
- Filtrez par groupe pour voir les rebelles au sein d'un même parti
Exemple : Un député RN qui vote "pour" sur un texte alors que la majorité de son groupe vote "contre" est comptabilisé comme une rébellion.
Cohésion des députés
À retenir : Certains groupes affichent une discipline de vote quasi-totale — leurs élus votent presque systématiquement comme la majorité de leur groupe. À l'inverse, des groupes centristes comme LIOT ou Les Républicains montrent une plus grande dispersion, signe d'une identité collective moins homogène.
Comment lire ce graphique
- Chaque point représente un député
- Hauteur = part de ses votes différents de la position de son groupe (position majoritaire de ses membres) : plus le point est bas (proche de zéro), plus le député vote comme son groupe
- Même calcul que pour les rébellions : seuls les votes actifs (pour / contre / abstention) sont pris en compte, et seuls les députés ayant au moins 10 votes actifs sont affichés. Un député qui ne prend pas part au vote (par exemple parce qu'il préside la séance) n'est donc pas compté comme en désaccord
- La taille du point représente le nombre de votes émis
- La position horizontale d'un point dans sa colonne est aléatoire : elle évite seulement que les points se superposent
- Survolez les points pour voir les détails
Exemple : Pendant la XVIème législature, la quasi-totalité des députés RN affiche un score proche de 0 (discipline quasi-totale), tandis que certains députés LIOT s'écartent régulièrement de la ligne de leur groupe.